Construire une terrasse ne demande pas toujours une autorisation d’urbanisme. Pour une terrasse de plain-pied, sans élévation et sans couverture, aucun formulaire ni demande préalable ne s’impose, à condition de respecter certaines dimensions et d’être en dehors d’une zone protégée. Dès que la terrasse devient surélevée, couverte ou dépasse un certain seuil de surface, les règles changent. Ce guide vous détaille les conditions à remplir selon chaque type de terrasse, pour construire en toute légalité.
Quelles sont les règles pour construire une terrasse de plain-pied sans autorisation ?
Une terrasse de plain-pied ne modifie pas l’aspect extérieur d’un bâtiment ni le relief du terrain. C’est pourquoi, dans la majorité des cas, elle ne nécessite aucune formalité administrative.
Cette absence de démarche s’applique uniquement si :
- la terrasse est posée directement sur le sol naturel, sans surélévation,
- elle ne dépasse pas 60 cm de hauteur,
- elle n’est ni couverte, ni close,
- elle se situe hors zone classée ou protégée.
En pratique, une plateforme en bois, une dalle en béton ou un dallage sur lit de sable entrent dans cette catégorie si la construction reste rase du sol.
Dans quels cas une déclaration préalable de travaux est-elle requise pour une terrasse ?
Dès qu’une terrasse dépasse certains critères, la déclaration préalable devient obligatoire.
Vous devez faire une déclaration si :
- la terrasse est surélevée de plus de 60 cm,
- la surface créée est comprise entre 5 m² et 20 m²,
- la terrasse modifie l’aspect extérieur de la maison,
- elle est construite dans une zone soumise à des règles spécifiques (secteur sauvegardé, site patrimonial, abords de monuments historiques).
La déclaration se fait via le formulaire Cerfa n°13703*08, à déposer en mairie. Le délai d’instruction est d’environ un mois.
Quand un permis de construire est-il nécessaire pour une terrasse ?

Un permis de construire s’impose dans des cas bien précis :
- lorsque la surface de la terrasse excède 20 m²,
- si elle est couverte (par une pergola fixe, un auvent ou un toit),
- si elle repose sur une structure porteuse ou des pilotis,
- lorsqu’elle s’inscrit dans un projet global modifiant la façade ou le volume de la maison.
Ce type de projet nécessite le formulaire Cerfa n°13406*12. Le délai d’instruction standard est de deux mois.
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Comment la hauteur et la surface de la terrasse influencent-elles les obligations administratives ?
Les deux critères essentiels à prendre en compte sont :
- la hauteur : au-delà de 60 cm, la terrasse est considérée comme une construction nouvelle,
- la surface : entre 5 m² et 20 m², la déclaration préalable est suffisante. Au-delà, le permis devient obligatoire.
Voici un tableau pour synthétiser les obligations :
| Caractéristiques de la terrasse | Formalité requise |
|---|---|
| Plain-pied, non couverte, < 60 cm, < 5 m² | Aucune |
| Surélevée > 60 cm ou entre 5 et 20 m² | Déclaration préalable |
| Surface > 20 m² ou terrasse couverte | Permis de construire |
Quelles sont les spécificités réglementaires pour les terrasses couvertes ou surélevées ?

Une terrasse couverte implique des règles plus strictes, car elle modifie l’emprise au sol du bâti.
Elle nécessite :
- une déclaration préalable si sa surface est inférieure ou égale à 20 m²,
- un permis de construire si elle dépasse ce seuil ou si elle s’appuie sur une structure complexe.
Quant aux terrasses surélevées, elles doivent respecter les règles de distance par rapport aux limites séparatives du terrain. À partir d’1,80 m de hauteur, elles peuvent entraîner des obligations supplémentaires liées au droit de vue.
Comment le Plan Local d’Urbanisme (PLU) et les zones protégées impactent-ils les autorisations nécessaires ?
Le PLU fixe des règles spécifiques à chaque commune : implantation, matériaux autorisés, hauteur maximale, emprise au sol…
Avant tout projet, consultez le PLU en mairie pour connaître les contraintes locales.
Dans une zone protégée (secteur sauvegardé, site classé, monument historique), les règles sont renforcées. Toute construction, même de faible importance, doit faire l’objet d’une demande auprès des architectes des Bâtiments de France.
Quelles sont les conséquences de construire une terrasse sans autorisation ?
Construire sans autorisation peut entraîner :
- l’obligation de démolir la terrasse,
- des amendes allant jusqu’à 6 000 € par m² construit (article L480-4 du Code de l’urbanisme),
- un blocage en cas de vente du bien (le notaire peut refuser de conclure sans régularisation).
La mairie peut agir dans un délai de 6 ans à compter de l’achèvement des travaux. Dans certains cas, ce délai peut être suspendu ou prolongé.
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Est-il possible de régulariser une terrasse construite sans autorisation ?

Oui, mais cela reste une démarche incertaine.
Vous devez déposer une demande de régularisation en mairie, accompagnée d’un dossier complet comme si le projet n’était pas encore réalisé.
Si la construction respecte les règles du PLU, la régularisation est généralement acceptée. En revanche, si elle est non conforme (distance, hauteur, emprise), la demande peut être refusée, avec obligation de remettre les lieux en l’état.
Quelles démarches entreprendre pour obtenir une autorisation pour sa terrasse ?
- Consultez le PLU et les servitudes en mairie.
- Évaluez la hauteur et la surface de la terrasse projetée.
- Choisissez la bonne formalité : déclaration préalable ou permis.
- Préparez un dossier avec plans, coupes et notice explicative.
- Déposez le formulaire Cerfa en mairie.
- Attendez la réponse officielle avant d’engager les travaux.
Ne commencez jamais les travaux sans réponse. Un accord tacite peut être considéré comme insuffisant selon les cas.
Quels conseils pour éviter les erreurs lors de la construction d’une terrasse ?
- Mesurez précisément la hauteur et la surface au sol.
- Ne négligez pas les règles de voisinage (vue, distance).
- Vérifiez les limites du terrain et les règles du PLU.
- Prévoyez une marge de sécurité si la terrasse est proche d’un seuil réglementaire.
- Faites valider vos plans par un professionnel si le projet est complexe.
- Gardez une copie de l’autorisation délivrée pour toute vérification ultérieure.





